Si vous pensez que les média sociaux ne servent à rien, c’est que vous vous y prenez de travers
Votre société a-t-elle passé des heures à faire des tweets, à réseauter sur Facebook et a écrire un blog corporate ? Vous êtes vous déjà surpris à vous demander si tout cela n’est qu’une perte de temps ? Le dernier concours Facebook que vous avez organisé n’a pas vraiment marché, et l’opération de couponing sur Twitter que vous avez lancé n’a pas donné les résultats escomptés, mais au final, ce n’est peut-être pas forcément ce qui compte.
Selon la dernière étude publiée par Forrester, nombreux sont ceux qui cherchent à rentabiliser financièrement leurs opérations marketing sur les média sociaux, et pour dire les choses de façon claire, ils n’ont rien compris.
Au delà des clics et du emarketing, il est de plus en plus évident que le marketing sur les média sociaux apporte une valeur qu’il faut aller chercher ailleurs que dans un bilan comptable.
Augie Ray qui a rédigé l’étude affirme dans son blog que les méthodes traditionnelles destinées à mesurer le retour sur investissement dans les média sociaux mènent à une perception erronée du marketing en ligne.
«Beaucoup de professionnels du marketing font un rapport direct entre les investissements qu’ils réalisent dans les média sociaux et des résultats financiers, mais d’autres n’y arrivent pas.
Cela ne signifie pas pour autant que le marketing sur les média sociaux soit inefficace, cela veut simplement dire que les marketeurs doivent reconnaitre qu’il existe des bénéfices au delà du bilan comptable.
Les fans sur Facebook, les retweets, les visites sur un site, les visionnages de vidéo, les commentaires positifs et les communautés fidèles ne sont pas un capital financier, on ne les retrouve pas dans le bilan comptable de l’entreprise et ils ne sont pas soumis à l’impôt, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont sans valeur.
Bien au contraire, ce sont des indices probants qu’une marque est en train de créer quelque chose qui peut se traduire, demain, en résultats financiers tangibles».
Ray suggère de regarder les retours sur investissements selon quatre axes : les finances, le digital, la marque, et la gestion des risques. Pour chacun d’entre eux, il suggère d’aller au delà du superficiel pour en évaluer le succès. Le retour sur investissement financier, par exemple, peut être mesuré en terme de retour sur une opération de couponing, par exemple, mais pas que. Il donne l’exemple de Petco.com où il souligne que «les produits qui sont accompagnés de commentaires positifs ont 20% de chance de faire l’objet d’un retour que ceux qui ne sont pas évalués par la communauté, et le taux de retour est est inférieur de 45% pour les produits ayant plus de 25 commentaires : des économies en terme de frais d’expédition, de stockage, et de service clientèle.»
Si l’on regarde en terme de gestion des risque, Ray note que «cette façon d’appréhender les choses ne consiste pas a chercher un retour sur investissement mais à réduire un retour sur investissement négatif à venir qui n’est pas encore visible». En estimant le coût et la probabilité d’un potentiel problème de relation public, une entreprise peut également estimer ce qu’elle pourrait économiser en utilisant intelligemment les média sociaux.
Pour une marque, Ray affirme que «les marketeurs n’ont pas besoin de réinventer les outils de mesure pour les adapter à l’ère des média sociaux», et qu’évaluer une marque dans le digital se fait de la même façon que dans le monde réel. Cela revient à des mesures simples : la notoriété, l’intention d’achat, la préférence et l’association d’une marque et d’un produit, et bien sûr de savoir si les actions de la marque dans le online servent a améliorer ces mesures.
Le dernier axe proposé par Ray, celui du digital, est plus facile à mesurer. Pour l’illustrer, il attire notre attention sur les produits de Swanson Health qui «a amélioré la visibilité des commentaires fait sur ses produits vis à vis des moteurs de recherche» et a noté par la suite «un accroissement de 163% de son trafic en provenance des moteurs de recherche vers les pages produits».
Au final, l’étude de Forrester pointe clairement l’écueil qui consiste à vouloir mesurer les opérations faites sur les média sociaux en terme de retours sur investissement financiers, et insiste sur le fait que nous devront évoluer au delà du simple fait de compter les fans Facebook et les retweets.
«Beaucoup d’investissement marketing n’ont pas comme but de fournir des résultats financiers immédiats mais créent de la valeur pour la marque sur le long terme. Les plus grandes marques n’ont pas été créées en dix minutes, mais avec le soucis constant d’établir des relations à long terme avec leurs clients. Les marketeurs les plus intelligents commencent à reconnaitre que les média sociaux peuvent apporter le même type de valeur et construisent des stratégies marketing et des outils de mesure de succès en rapport.»
En fait, Augie Ray popularise ici auprès d’une population encore peu aguerrie à internet une idée simple que beaucoup, parmi ceux qui en comprennent les subtilités, ont déjà compris et ont fait leur : les média sociaux, quelque soit la façon dont vous les appréhendez, méritent le temps et les effort que l’on y investit.
via :Mike Melanson
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