Paris ou Nantes : qui sera la Silicon Valley française ?

Paris annonce l’ouverture de 100 000 mètres carrés de bureaux pour accueillir les startups en 2014. L’ambition est de devenir la Silicon Valley française. Mais Nantes a toutes les cartes en main pour en faire autant, voire plus.

Le 19 décembre dernier, Challenges publiait un article expliquant quel était le projet de la Ville de Paris pour accueillir les startups en son sein, et “faire mieux que la Silicon Valley“. On apprend dans l’article de Jeanne Dussueil que 100 000 mètres carrés de bureaux seront mis à la disposition des jeunes entreprises innovantes travaillant dans l’éco-activité, le jeu vidéo et le numérique. L’objectif est d’héberger 670 entreprises d’ici fin 2014, soit environ 5 000 à 6 000 emplois.

Si quelques services de conseil, un accès facilité à des prêts Oséo et des tarifs de location réduits sont évoqués par Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris chargé de l’innovation et en charge de ce dossier, peu de détails sont donnés quant aux liens avec les écoles et les chercheurs. Certaines entreprises, dont l’activité est ou sera directement liée à ce milieu pourront être hébergées dans des écoles ou dans des laboratoires, mais les places seront alors très réduites.

Or, tout le monde s’accorde à dire que la Silicon Valley bénéficie de deux gros avantages face à d’autres territoires : les conditions fiscales couplée aux faibles démarches administratives, qui encouragent la prise de risques, et la concentration des talents, notamment ceux encore à l’école ou travaillant au sein de laboratoires. Ces derniers peuvent, en effet, abreuver les startups de leur travail, ou monter des projets communs avec eux. Ces deux caractéristiques attirent la majorité des projets importants (Google, Facebook, Twitter…), qui eux-même en attirent d’autres, etc.

Il ne faut donc peut être pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et voir en Paris l’unique territoire pouvant accueillir un équivalent de Silicon Valley en France, et à fortiori en Europe, est sans doute prématuré. Il suffit de voir les efforts que déploie Londres pour accueillir les entreprises innovantes, dont quelques projets très prometteurs comme Songkick, ou pour délocaliser LeWeb dans la capitale anglaise pour voir que la concurrence continentale est forte.

A Nantes, 2014 sera également l’année de l’ouverture d’un grand pôle technologique à la Chantrerie, dont nous avons déjà parlé. Il accueillera également plusieurs milliers de mètres carrés de bureaux et, surtout, sera au coeur d’un campus accueillant plusieurs écoles et Atlanpole, Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation qui pilote et copilote plusieurs pôles de compétitivité innovants.

Nantes Métropole abrite déjà plus de 18 000 emplois numériques, et forme chaque année 2 500 étudiants dans ce domaine. Et si, comme nous le disions, des doutes subsistent sur le choix de son emplacement, la Chantrerie pourrait être un excellent challenger au projet parisien. Pour cela, Nantes devra le rapprocher de la gare et d’autres concentrations d’entreprises comme la Cantine Numérique en améliorant les transports en commun et devra réfléchir au deuxième atout de la Silicon Valley que nous évoquions : la fiscalité. L’Ile de Nantes et le Quartier de la Création est également en train de devenir un pôle important de l’innovation numérique de la région. Après avoir hébergé de nombreuses startups dans les Halles Alstoms, puis dans l’Ile Rouge aujourd’hui, et avant la rénovation des halles pour accueillir la Cantine, le quartier et l’Ile toute entière sont aujourd’hui très attractifs pour les entreprises et les écoles.

Il faudra aussi mettre en avant les entreprises championnes du territoire, dont nous parlons régulièrement ici. Si les succès sont, pour le moment,  plus modestes et moins nombreux qu’à Paris, cela tend à évoluer. Nantes accueille déjà des références françaises voire européennes de leurs secteurs et voit de nouveaux projets se monter très régulièrement.

Lieux, partenariats et proximité géographique avec les écoles et les chercheurs, concentrations d’entreprises dont découlent émulation et coopérations, Nantes a toutes les cartes en main pour devenir la véritable Silicon Valley française. Mais plusieurs territoires français devront probablement travailler ensemble, car il sera sans doute plus intéressant de devenir la Silicon Valley de l’Europe afin de jouer à armes égales avec l’Américaine.

Source : EntrepreNantes

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