La Folle Journée de Nantes dès aujourd’hui
Mercredi 1 février 2012 
En haut (de gauche à droite) : Le chœur du Patriarcat russe interprétera des airs de grande liturgie orthodoxe/François Salque (violoncelle).© DR
160 ans de musique classique au pays des popes… à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, Nantes accueille 2 000 artistes pour sa Folle journée « le sacre russe ». Comment s’y retrouver parmi des compositeurs souvent populaires ?
Le Groupe des Cinq. On leur doit l’émergence de la musique nationale russe. Ils étaient des amateurs de haut vol. Borodine était chimiste et médecin ; Rimski-Korsakov, officier de marine ; César Cui, général en chef ; Moussorgski, un bohème génial miné par l’alcool…
Prokofiev. Qui n’a jamais entendu le thème de la publicité du parfum Égoïste ? Il est extrait du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev. Ce compositeur émigra aux États-Unis avant de revenir se mettre aux ordres du régime soviétique. Ses grands tubes : Pierre et le Loup, L’amour des trois oranges et Lieutenant Kijé.
Tchaïkovski. Il est de bon ton de dédaigner ses épanchements romantiques. Pourtant, il faudrait être de bois pour ne pas vibrer au 1er concerto pour piano. À ses délicieux nocturnes pour piano. À sa Symphonie pathétique qui semble annoncer sa mort (suicide ?). Pour l’anecdote, une curiosité : Tchaïkovski fut salarié pendant dix ans par une baronne richissime qui ne lui réclama que de la musique et des lettres.
Toute la musique sacrée orthodoxe. Les grands « bulbes de la musique sacrée » sont chantés par La Capella de Saint-Petersbourg, Vox Clamantis et le chœur du Patriarcat russe de Moscou.
Rachmaninov. Pianiste virtuose aux mains immenses, connu pour un 2e concerto pour piano qui raconte… sa psychothérapie ! Idéal pour assouvir les fringales sentimentales, il laisse aussi l’étonnant chœur des Cloches et des Vêpres pour chœur mixte.
Stravinski. Il crée le scandale avec un ballet tribal qui envoie les tutus aux orties : Le Sacre du printemps. Ce touche-à-tout excella aussi bien dans la fugue savante que dans la polyphonie médiévale (Symphonie des psaumes).
Chostakovitch. Sa Jazz suite (une célèbre publicité pour assurances) ne doit pas éclipser ses grands opéras. Surveillé par les commissaires politiques à l’affût des notes déviantes, l’admirable Chostakovitch abrite son inspiration dans sa musique de chambre (ses quinze Quatuors à cordes).
Daniel MORVAN.
Du 1er au 5 février. On peut trouver des places pour certains concerts, aux guichets de la Cité, par téléphone : 0 892 705 205 (0,34 €/mn) et sur Internet : www.follejournee.fr. Une compilation : Les plus belles musiques russes, 3 cd Deutsch Grammophon.
Source : Ouest France


